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L'oeil du photographe - Isabelle Rozenbaum

Arts

Pour ce quatrième épisode de notre série dédiée aux photographes ayant posé leur regard sur la Cité du Vin, nous avons voulu donner la parole à Isabelle Rozenbaum. Début juin, la Cité du Vin fêtera son 4e anniversaire; c'est donc tout naturellement que nous avons souhaité échanger avec l'artiste qui a suivi sa construction. L'occasion de se remémorer de beaux souvenirs.

Quatrième épisode avec Isabelle Rozenbaum

Durant les 36 mois de son chantier, au fil des saisons, la Cité du Vin a donné carte blanche à Isabelle Rozenbaum pour poser son regard sur la construction. Son travail a donné lieu à la première exposition temporaire de la Cité du Vin, ainsi qu'à deux ouvrages : La Cité du Vin (Elytis, 2016) et Tentative d'épuisement d'un lieu bordelais (Elytis, 2016). Photographe reconnue, elle nous livre aujourd'hui ses réflexions sur cette aventure.

que représente la Cité du Vin pour vous ? Sa place dans Bordeaux ?

La Cité du Vin représente à mes yeux un lieu de mouvement qui place la question urbaine au cœur de mes réflexions sur l'image tel que mon ouvrage sur le suivi du chantier, Tentative d'épuisement d'un lieu bordelais (Elytis, 2016) le développe. A la manière d'un Guy Debord, j'aime ainsi l'idée d'une "monumentalité" dans la ville qui puisse dépasser son propre phénomène touristique et événementiel pour ramener à un aspect fonctionnel, à une trans-fonctionnalité, qui regroupe une multitude de fonctions telles que la dégustation de vins, les rassemblements publics, les expositions, l'accès aux savoirs vinicoles, c'est-à-dire les fonctions symboliques, sémiotiques, historiques ou de mémoire. En ce sens, la place de La Cité du Vin dans Bordeaux incarne celle d'un lieu catalyseur qui reste cependant encore à révéler à la hauteur de ces fonctions symboliques.

Quel a été votre moment préféré du chantier pour la prise de vues ?

Ce que j'ai préféré du chantier, au long de ces 36 mois de suivi, a été de rencontrer tous les acteurs possibles tant au niveau des entreprises engagées que par les architectes de l’agence XTU. Il était primordial pour moi, afin de réussir ce projet, de créer des liens privilégiés avec celles et ceux qui étaient à même de pouvoir m’expliquer tous les enjeux de ce bâtiment unique au fur et à mesure de sa construction et de m’accompagner dans ma réalisation photographique. Le plus difficile pour parvenir à rendre compte du travail des femmes et des hommes dans les conditions complexes d’un tel chantier (entraves diverses, tranchées, trous, etc.) a été essentiellement de braver la pluie, le froid, la grande chaleur et la boue. A contrario de ce que l’on pense généralement, quand on photographie, il ne faut pas se faire oublier ! D’abord, parce que c’est le meilleur moyen de devenir un acteur « naturel » du chantier et de faire partie de son paysage. Ensuite, parce que cela facilite la relation avec les personnes que vous observez et qui vous expliquent ce qu’elles font. Cette approche de l’humain étant tout l’enjeu de mon travail, il était essentiel que je sois en relation avec celles et ceux que je photographiais.

Un seul mot pour résumer la Cité ?

Une sensation visuelle : mordorée.

 

Pour découvrir davantage de photos de la construction de la Cité du Vin par Isabelle Rozenbaum, rendez-vous sur son portfolio.