Visuel de l'événement "Fait-il bio à Bordeaux?"

[COMPLET] Fait-il bio à Bordeaux ?

C’Dans Le Vin
DÉBAT / AUDITORIUM THOMAS JEFFERSON / C’Dans Le Vin
Mardi 11 décembre 2018 à 19h00

Horaires

Début : 19h00
Durée : 1h30

Accessibilité

Tout public
Billet à retirer sur place ou en ligne
Gratuit
Complet

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Présentation

A l’heure où le débat sur les pesticides est plus que jamais d’actualité, Bordeaux a été souvent pointé du doigt pour l’usage intensif d’intrants dans ses vignes. Pourtant, à côté de la viticulture conventionnelle, certains vignerons bordelais prônent un mode de culture alternatif : la biodynamie.

Un vigneron biodynamique est d’abord, à coup sûr, un vigneron qui a la certification en agriculture biologique : interdiction d’utiliser des produits chimiques de synthèse et des OGM et limitation des intrants sont de rigueur.

Peu nombreux mais animés par une conviction forte, les biodynamistes vont plus loin que le label AB et s’efforcent de redonner à la plante et au sol un équilibre, une résistance et une vitalité déréglés selon eux par les traitements chimiques et répétés des sols et des végétaux.

Pour cela, ils “dynamisent” la plante et son environnement en projetant à très petites doses des préparations issues de produits naturels : bouses de vache, décoctions de plantes, pulvérisations à base d’ortie, d’achillée, de camomille ou de prêle… Le soutirage, la filtration et la mise en bouteilles ont lieu de préférence en Lune descendante afin de favoriser l’expression aromatique du vin.

Abracadabrante pour ses adversaires, cette viticulture suivant les préceptes de Rudolf Steiner serait-elle moins ésotérique et plus empirique qu’elle n’en a l’air ? Le climat pluvieux, grand argument des milieux bordelais contre le bio n’est-il pas le meilleur allié de la recherche en biodynamie ? La biodynamie est-elle le modèle de la viticulture du futur ?

Paul BARRE, vigneron en biodynamie depuis 1990
Thomas DUROUX, directeur général de Château Palmer
Bérénice LURTON, propriétaire, gérante du Château Climens
Gilles DE REVEL, enseignant-chercheur à l'Institut des Sciences de la Vigne et du Vin, université de Bordeaux

Animé par Jacques-Olivier PESME
En collaboration avec Jérôme BAUDOUIN, journaliste à La Revue du Vin de France 

En partenariat avec La Revue du Vin de France et KEDGE Business School

Paul BARRE

« Le millésime 1975 est le premier que j’ai élaboré, pas seul, mon père était présent. Les bases œnologiques, je les ai acquises avec Michel Rolland qui ne m’a jamais demandé de renier mes rêves. Le millésime 2015 est le dernier dont j’assume complètement la paternité. A partir du millésime 2016, c’est mon fils, Gabriel, qui élabore seul.

Au début de ma carrière, je me suis essayé à l’agriculture biologique. Je croise l’agriculture biodynamique en 1977, puis en 1982, mais je m’y engage en 1989 avec la rencontre de François Bouchet. Des personnalités comme Xavier Florin, Maria Thun et autres ont jalonné ce parcours, sans oublier nos rencontres de biodynamistes. Tout cela sera complété par le travail anthroposophique fait personnellement, et en groupe librement constitué.

Tout se poursuit avec ma nouvelle activité d’Expertise, de Conseils en Biodynamie : une autre façon de continuer sur ce chemin. »

https://www.vignoblespaulbarre.com/

http://agroecologie-phytomanagementover-blogcom.over-blog.com/2014/09/la-flavescence-doree-de-la-vigne-contributions-de-la-biodynamie.html

Gilles DE REVEL

Il a obtenu un Doctorat d’œnologie à l'université Bordeaux Segalen en 1992 et a travaillé sur des projets de recherche post-doctoraux à Porto (Portugal). En 1995, il a été nommé Maître de conférences à l'université de Bordeaux, puis professeur en 2006. De 2012 à 2014, il a été Doyen de la Faculté d'Œnologie de Bordeaux. Il est actuellement directeur adjoint de l'Institut des Sciences de la Vigne et du Vin.

Ses recherches portent principalement sur la caractérisation de l'arôme du vin en lien avec les fermentations, l'élevage et le vieillissement des grands vins.

Thomas DUROUX

En 2004, prenant ses fonctions de Directeur général de Château Palmer, Thomas Duroux n’était pas forcément le candidat idéal sur le papier. Jeune – 34 ans à l’époque –, il n’était même pas né lorsque son prédécesseur, Bertrand Bouteiller, avait pris ses fonctions 42 ans plus tôt. Pourtant, après plus d’une décennie de superbes millésimes à son actif, Thomas Duroux fait aujourd’hui l’unanimité. « Château Palmer était un mythe pour moi. Je me suis senti à la fois terriblement humble et extrêmement chanceux. Ce n’est qu’avec le temps, après avoir écouté les équipes, observé et appris à connaître la propriété que j’ai compris qu’il était possible d’aller plus loin ».

Car bien que jeune, Thomas Duroux apportait un regard neuf et une perspective unique en tant qu’agronome et oenologue. Ayant ordonné une vaste étude pour établir le profil des sols et une cartographie précise des parcelles, il fut en mesure ensuite, avec le responsable du vignoble Jacques Dupin et la directrice technique Sabrina Pernet, de dialoguer avec chaque parcelle, individuellement, selon ses besoins. La même exigence fut appliquée à l’assemblage et à la vinification précisant le profil aromatique et le style du vin de Château Palmer et celui de son Alter Ego. Cette quête permanente vers toujours plus de profondeur, d’élégance et de complexité a également conduit Thomas Duroux à convertir le vignoble à la biodynamie en 2014 après plusieurs années d’essais. « Thomas va de l’avant, explique Sabrina Pernet. Il est brillant et prudent donc il s’octroie toujours le temps nécessaire pour analyser avant d’agir. Mais au moment de prendre une décision, il ne tremble pas et ne sera pas assailli ensuite par les regrets ».

Respecter les codes de cette propriété vieille de 200 ans tout en l’inscrivant dans le XXIe siècle : voilà un challenge excitant à la hauteur de celui qui a conservé de ses jeunes années à l’étranger un goût prononcé pour l’innovation : « Travailler pour des Américains, des Italiens, des Hongrois et des Français, loin de Bordeaux, m’a ouvert l’esprit. J’aime expérimenter, ne pas m’en tenir aux certitudes et aux idées reçues. Et petit à petit, alors que la confiance s’instaurait entre les actionnaires, l’équipe et moi-même, nous avons pu innover. » Parfois, ces idées nouvelles s’inspirent du passé comme pour ces quelques pieds de cépages blancs oubliés replantés au début des années 2000 afin de faire renaître le Vin Blanc de Palmer. De même sera relancé sous l’étiquette « Historical XIXth Century Wine » ce clairet qui était « hermitagé » en l’assemblant avec du vin de Syrah du Rhône. Homme de science et de culture, sensible à l’expertise et à l’instinct, dans la vie comme dans l’art, Thomas Duroux a créé en 2010 « Hear Palmer », un concert en ouverture de la campagne des Primeurs au cours duquel des jazzmen interprètent librement le nouveau millésime.

Passionné, Duroux s’est imposé par la force de son engagement : « Je n’étais peut-être pas le bon candidat sur le papier mais lorsque j’ai parlé de ma carrière, du vin et de mes espoirs et désirs pour Château Palmer, ils ont senti ma passion. Dès lors, ils ont su qu’ils pouvaient avoir confiance. »

Bérénice LURTON

Arrivée en 1992 à Climens à l’âge de 22 ans, et fraîchement diplômée de Sciences Po, elle a choisi de relever le défi : la propriété lui a été transmise par son père, Lucien Lurton, grand nom de la viticulture bordelaise. Elle met ainsi toute son énergie pour que la magie de Climens se renouvelle sans cesse et cherche toujours à préserver le meilleur de la tradition. Dès 2010, elle choisit une nouvelle voie audacieuse : le domaine est converti intégralement à la biodynamie, une révolution menée avec l’aide de Corinne Comme et de toute l’équipe de Climens, en premier lieu le directeur technique Frédéric Nivelle. Bérénice Lurton est passionnée par sa propriété, mais cette passion n’est pas exclusive, et ses centres d’intérêts sont nombreux : le goût des choses simples et naturelles, l’amour des paysages et de l’architecture (son mari est architecte du Patrimoine). Elle s’intéresse également à la littérature, à la peinture, à la sociologie politique.

http://www.chateau-climens.fr/
https://youtu.be/4FRaDjtD64M

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